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Michael de Montlaur
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Le 11 novembre 2013 à 18 h 16 min   

Aujourd’hui 11 novembre 2013, beaucoup de confusion. Les néo-nazis et vieux fachos conspuent le président de la République avec un ridicule bonnet rouge sur la tête. Ne pas confondre avec le bonnet phrygien, symbole de la République que les pré-cités abhorrent. Comme toujours ils s’approprient de purs symboles les uns par pure bêtise,  les autres pour mieux le détruire et détruire la République.

Je me souviens… Dans les années 60 et 70, j’ai commencé à être anti-militariste. Né après guerre, en 1952 pour être précis, j’avais 16 ans en 68 et j’ai rencontré beaucoup de gens qui en avaient soupé de ces commémorations et défilés d’anciens combattants de 14-18, « la vraie » comme on disait à l’époque et celle de 39-45 (la fausse ?). J’étais, je pensais, en opposition totale avec Guy de Montlaur ; comment pouvait-il en être autrement à 16 ans. Il me le rendait bien en se moquent gentiment de notre petite révolution.

Mais lui-même, finalement, ne l’était-il pas aussi, anti-militariste ? Certes, dans le feu de l’action il a aimé être au combat. Mais la hiérarchie, qu’en pensait-il ? Le 6 juin 1944 quand il a fallu remplacer Guy Vourc’h blessé sur la plage, il s’est vite aperçu que le plus gradé désigné n’était pas à la hauteur. Il a décidé de prendre les choses en main. Avec l’efficacité dont ses camarades ont pu témoigner. Ah oui, mais ils sont morts maintenant. Tant pis il faut maintenant me croire, il me l’a dit et il ne mentait pas. Il faut donc savoir parfois piétiner la hiérarchie.

Et se méfier des commémorations, défilés, médailles et tutti quanti. L’important pour lui, et je le répète encore une fois sur ce blog, c’était de virer les nazis. Mais commémorer quand même pour éviter la désinformation, voire le révisionnisme. Quand un membre du front national se prosterne devant la tombe de De Gaulle, l’esprit du grand homme doit un tantinet pester et avoir envie de vomir…

En souvenir de l'Allemagne européenne - septembre 1971

 

Et 14-18 alors ? Le père de mon père, comme quasiment tous les français en âge d’être mobilisés, l’a faite. Personne n’avait le choix. Il en est sorti, disons, diminué… Notamment par le gaz moutarde. Une septicémie l’a emporté en 1929 à l’âge de 50 ans. Toutes les familles françaises ont eu des morts dans cette sale guerre. Les combattants doivent être honorés. C’est bizarre de commémorer le début d’une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu mais au moins on parle des sacrifiés…

Faut-il pour autant condamner les déserteurs de 14-18 ? N’en fallait-il pas du courage pour refuser de tuer des êtres humains ?

Pour la deuxième guerre mondiale on peut aussi reprendre la citation de l’enfer de Dante : les endroits les plus brûlants de l’enfer sont réservés à ceux qui restent neutres aux époques de crise morale. Et condamner par là même une très grande partie de la population française.

Cette même citation peut aussi suggérer un point de vue opposé quand il s’agit de la guerre du Vietnam :

« J’ai choisi de prêcher sur la guerre du Vietnam parce que je pense, comme Dante, que les endroits les plus brûlants de l’enfer sont réservés à ceux qui restent neutres aux époques de crise morale. Il y a un moment où le silence devient trahison. La vérité de ces paroles ne fait pas de doute mais la mission à laquelle elles nous appellent est des plus difficiles. Même quand ils sont poussés par les exigences de la vérité intérieure, les hommes n’assument pas facilement la tâche de s’opposer à la politique de leur gouvernement, surtout en temps de guerre. Et l’esprit humain a énormément de peine à secouer toute l’apathie de sa pensée conformiste et de celle du monde qui l’entoure. De plus, quand les questions sont aussi compliquées que celles de cet effroyable conflit, nous sommes toujours sur le point de nous laisser hypnotiser par l’incertitude. Mais nous devons avancer. » Martin Luther King: «Pourquoi je suis opposé à la guerre du Vietnam» Sermon prononcé le 30 avril 1967 dans l’église baptiste Ebenezer d’Atlanta (Géorgie).

En souvenir de Sandro qui a essaye de m'apprendre la peinture

Alors, contradictions ? Oui. On ne peut pas avoir une vision manichéenne des situations politiques dans lesquelles nous nous trouvons au cours de notre vie. Par exemple, j’ai hurlé contre De Gaulle en 68, comme tout le monde. Entre autre pour que le système éducatif soit moins sclérosé puisque j’étais lycéen. Ça ne m’empêche pas d’avoir une grande admiration pour le symbole de liberté et de résistance qu’il représente.

Confusion ? Non. Que ceux qui manipulent l’histoire soient combattus. Avec des mots, de préférence.

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