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Michael de Montlaur
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Le 3 juillet 2010 à 18 h 45 min   

Le 11 juin, à 05 heure, la troupe 1, dont l’effectif se trouve fort réduit, est attaquée sur la route de Cabourg par une patrouille forte de 50 Allemands appuyés de 2 canons chenillés. Elle perd encore 5 hommes (dont 1 tué) mais repousse l’incursion ennemie.

Depuis le 9 juin, le lieutenant-colonel DAWSON et le lieutenant de vaisseau KIEFFER, blessés chacun 2 fois, ont été évacués sur l’Angleterre. Le n° 4 Commando est commandé par le Major MENDEY. L’officier des équipages LOFI a la responsabilité des Français.

Pendant les 2 mois qui suivirent les Français occupèrent des positions à Hauger, à Amfréville, Bréville, puis à la corne nord-est du bois de Bavent.

D’un côté comme de l’autre, il n’y eut pas d’activité exceptionnelle. Un calme relatif semblait régner pendant la journée. La nuit, par contre, était tout entière occupée par les « fighting patrols ». Ces patrouilles, qui pouvaient compter jusqu’à une centaine de participants, avaient pour point de départ la zone comprise entre Merville au nord et le bois de Bavent au sud. Elles étaient d’ordinaire constituées par une troupe qui poussait des incursions de 3 à 6 kilomètres derrière les premières lignes ennemies. Cette action qui se répétait chaque nuit à partir de bases différentes avait pour but de tenir l’adversaire en perpétuel état d’alerte, et de lui donner à penser, dans ce secteur, les effectifs de la 6ème Division aéroportée supérieurs à ce qu’ils étaient dans la réalité. Aussi, chaque nuit, un nombre appréciable d’Allemands étaient tués ou faits prisonniers, une perpétuelle atmosphère d’alerte était entretenue, et cela d’autant plus aisément que l’état major ennemi avait tout lieu de croire que la percée définitive serait tentée dans la région de Caen. Cet effort constant, de la part des Commandos, ne leur « coûtait pas trop cher » : ayant toujours l’initiative de l’attaque, surprenant l’adversaire à tout les coups, leurs pertes furent relativement faibles. Des rencontres fréquemment meurtrières se produisaient à la ferme de Longuemare ou celle du moulin du Buisson.

Sans titre - Nice 1950

Ce n’est que le 16 août que la 1ère « Special Service Brigade » tout entière fera mouvement en direction du nord-est, après avoir fouillé un bois de Bavent truffé de mines anti-personnel et de « boobie traps ». Les Français pénètrent dans Bavent qui se rend sans combat.

Les 17, 18 et 19 août, ils traversent Briqueville, prennent position au sud de Robehomme, puis passent la Dives. Les Allemands ont abandonné tout ce qu’ils occupaient en deçà de la Dives. La route qui va de Briqueville à Putot-en-Auge est atteinte le 20.

Le 21 août, à 04 h 00 le contact est enfin repris. A 06 h 00, sous un violent feu de roquettes, les Français attaquent le carrefour de l’Epine. Le combat est dur. Il y a des pertes de part et d’autre, mais le point d’appui est enlevé. De nombreux adversaires sont faits prisonniers.

Les deux troupes -depuis le 16 août, en effet, la section K guns, scindée en deux, opèrent avec la troupe 1 et la troupe 8- contournent alors Dozulé par le nord, embarquent en camions et, par la Croix-d’Heuland, Saint Vaast-en-Auge, Tourgeville et Saint-Arnould arrivent à la Touques, qu’ils passent à gué le 23 août vers 18 h 00. Ils fouillent les bois de la rive est ; mais l’ennemi s’est déjà replié. Pont-l’Evêque est traversé le 24. Ils entrent, le 25, dans un Beuzeville qui n’est plus occupé.

Ils cantonneront là jusqu’au 6 septembre, date à laquelle ils regagneront, en empruntant le port artificiel d’Arromanches, le camp de Petworth (Sussex). Il y a trois mois, ils débarquaient à Riva-Bella.

Les pertes du bataillon de fusiliers marins commandos s’étaient élevées, pour la seule campagne de Normandie, à 114 officiers, gradés et matelots, dont 21 tués. L’effectif, au moment du débarquement était de 180 commandos.

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Michael de Montlaur
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Le 1 juillet 2010 à 11 h 02 min   

Le 9 juin est sans histoire. Les canons chenillés des « Hitler Jugend » harcèlent la ligne occupée par les commandos et les parachutistes. Comme ils tirent rarement plus de quatre obus du même emplacement, il est pour ainsi dire impossible de les repérer. C’est pure chance si l’on arrive à les détruire (au mortier ou au P.I.A.T.). Quelques appareils de la Luftwaffe viennent rôder dans la nuit du 9 au 10.

Enfin le jour se leva sur le 10 juin.

C’est vers 06 h 00 que le bombardement commença pour de bon. L’intensité de la préparation était telle qu’il ne faisait plus de doute que l’adversaire était décidé à enlever Le Plein. Il faut croire que tout ce que les Allemands possédaient d’artillerie, dans ce secteur, entra en action à cette heure là.

La ferme du Plein, en quelques minutes, est passablement délabrée. Les tuiles, des pans de murs entiers jonchent la basse-cour. Un coup direct fait voltiger le haut du clocher de l’église. De gros éclats rouges et fumants viennent grésiller dans l’herbe parmi les tranchées. Les pertes françaises deviennent sérieuses. On évacue comme on peut les blessés sur la route qui traverse le village. Là des jeeps viennent les ramasser.

La position de la 1ère « Special Service Brigade » est la suivante. Du nord vers le sud, des abords de Sallenelles à ceux de Bréville :

  1. N° 45 Royal Marines Commando
  2. N° 3 Commando
  3. N° 4 Commando : 4 troupes britanniques
    Le Plein et ses abords : Troupe 1 et 8, Section K guns (troupes françaises)
  4. N° 6 Commando

En face :
La 12ème S.S. « Hitler Jugend » Division dont une partie attaque avec 2 importants bataillons, dans le but de chasser la brigade du relief de terrain dont le point stratégique est Le Plein. Comme on l’a vu, ces deux bataillons sont forts de 1200 hommes. Leur objectif principal est singulièrement démuni de combattants. Du reste on a l’impression que l’adversaire a une bonne idée de la situation.

Il avance lentement et sûrement. Son feu, concentré principalement sur la troupe 1, se détournera bientôt sur le flanc gauche où se trouve le reste du n° 4 Commando. La raison de ce changement d’objectif est bien simple. Le tir a presque cessé sur la petite hauteur, alors qu’il est nourri en direction du sud.

En effet, la troupe 1 a reçu l’ordre de cesser le feu, car le n° 3 Commando (lieutenant colonel Peter Young) contre attaque à partir du château d’Amfréville : direction plein Sud. Tout ce qu’il reste de ce commando – 350 hommes environ – se déploie sur une ligne qui va du château d’Amfréville (à l’ouest) à la ferme de Longuemare (à l’est). Cette unité ne s’arrêtera qu’à Bréville. Entre la ligne de départ et la ligne d’arrivée, il y avait eu les 1200 hommes de la 12ème division.

Un peu de manichéisme, où le Bien triomphe - 14 juillet 1967

Voici ce qui s’était passé :
Les deux bataillon S.S. ont mal interprété le silence de la troupe en face d’eux. Ils ont cru à un décrochage. Comme, par ailleurs, ils ont été pris à partie sur leur flanc gauche par la section K guns et la troupe 8, c’est sur ces dernières qu’ils dirigent leur action. Ils ignorent l’attaque qui se prépare sur leur flanc droit, car la configuration du paysage normand permet une utilisation idéale du terrain. C’est ainsi que les gens du n° 3 sont pratiquement sur les Allemands (mais sur ce qui est devenu l’arrière des 2 bataillons) avant que ceux-ci aient eu le temps de se rendre compte du traquenard dans lequel ils sont tombés. Il s’ensuit un désordre indescriptible. Les officiers allemands pris sous le feu des français, ne peuvent plus donner d’ordres à leurs « arrières » qui sont en contact direct avec les britanniques. Leur dispositif de combat se trouve « à l’envers ». C’est là certainement la raison de leurs très lourdes pertes et de leur échec final.

La soirée du 10 juin trouve la troupe 8 à Hauger avec la section K guns. La troupe 1 tient le carrefour des Ecardes.

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