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Michael de Montlaur
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Le 11 avril 2011 à 20 h 04 min   

Mamma va rejoindre Guy de Montlaur, le soldat, tout  près de ces autres soldats qui ont pris part à la libération de la France et de l’Europe en 1944. Elle va rejoindre celui qu’elle avait connu avant la guerre quand elle était une petite américaine ne parlant pas un mot de français venue en France pour apprendre la langue et l’Art.

Elle l’avait aimé au point de revenir des Etats Unis où elle se trouvait, dans sa famille, en sécurité, pour le retrouver en Angleterre,  en 1943, et de l’épouser cette année-là.

Elle avait bravé les ‘U-boots’ et les avions allemands. La veille de son vol de Lisbonne à Londres, ce même avion qu’elle devait prendre avait été abattu par la chasse aérienne allemande.

Elle épousa cet homme dont Guy Vourc’h a dit : « Son courage touchait à l’insolence; il était humiliant pour l’ennemi  »

Le courage d’Adelaide était d’une nature différente de celle de Guy: elle connaissait son mépris de la mort, mais elle attendit son retour, seule avec son bébé, sans nouvelles pendant la campagne de Normandie, et plus tard pendant la bataille de l’Escaut après le débarquement de Flessingue.

La vie de Mamma a été une vie de patience.

Après le soldat, le peintre. Guy de Montlaur n’était pas un homme facile. Il s’isolait dans son monde hermétique quand il peignait, pendant de longues heures. A ces moments, elle était seule. Elle l’a aimé, elle l’a aidé, elle ne s’est jamais plainte.

Son dernier exemple de courage: la maladie l’a atteinte il y a un an et elle a certainement beaucoup souffert tout ce temps. Elle ne s’est pas plainte, elle n’a pas parlé de son mal. Elle était comme cela.

Mamma  mérite vraiment sa place dans ce petit coin de cimetière où reposent tant de héros.

George de Montlaur le 8 avril 2011 à Ranville

Adelaide et Guy - 3 juillet 1943

Adelaide de Montlaur – a life of courage

Mamma is about to be reunited with Guy de Montlaur, the soldier, near some of all those other soldiers who liberated France and Europe in 1944. She will at last be with the man she met before the war, when she was a little American student who spoke not a word of French and who came here to learn French and Art.

She loved him so much that in 1943 she left the United States to which she had returned at the start of the war and where she lived safely with her family, in order to be with him in England. She married him within a month of her arrival. She had defied the U-boats and the German planes. The day before she flew from Lisbon to London, the forerunner of the very aircraft she was about to take was shot down by German fighters.

She married the man Guy Vourc’h had described by saying: « His courage had reached the point of such insolence, he humiliated the enemy »

Adelaide’s courage was of a different nature: she knew too well Guy’s contempt for death but she waited patiently for his return. She was alone with her baby and she had no news of him first during the Normandy campaign and then, later on, during the Walcheren campaign following the Flushing landing.

Mamma’s life was lived as a life of patience.

After the soldier, the painter: Guy de Montlaur was anything but an easy person to live with. When he painted, he isolated himself for long hours in his hermetic world. During these periods, she was alone. She loved him, she helped him and she never complained.

Mamma’s last example of her courage: her final illness started about a year ago and she most certainly suffered deeply throughout all that time. She never complained. She never mentioned her pain. This was her nature.

Mamma truly deserves her place in this small corner of a cemetery where so many heroes rest beside her.

George de Montlaur, April 8th, 2011, Ranville

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Michael de Montlaur
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Le 2 avril 2011 à 15 h 06 min   

Adelaide de Montlaur - 1er janvier 1920 - 1er avril 2011

Requiescat in pace

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Michael de Montlaur
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Le 12 avril 2010 à 17 h 15 min   

Avant de parler de 36, il faut remonter au 6 février 1934. Guy était à l’école Sainte Croix de Neuilly et ses collègues fréquentaient plus l’Action Française que le Parti Communiste. Le 6 février 1934, il se retrouve entraîné à 15 ans dans une manifestation qui va le marquer durablement. Il refuse de se laisser embarquer dans une mouvance d’extrême droite contraire à sa morale catholique. En 36, en vacances à Biarritz, il voit de ses propres yeux les effets de la guerre civile espagnole. Ses convictions se trouvent renforcées par l’intervention des fascistes italiens et des nazis au côté des putchistes franquistes. En fait, il est convaincu depuis longtemps et malgré son jeune âge qu’il faudra probablement encore se battre contre les allemands. Il a tendance même à le souhaiter : c’est son vœu lors de sa confirmation.
Il a aussi un esprit de vengeance par rapport à son père dont la santé a été gravement altérée par les gaz de combat de la guerre de 14-18 et qui est mort jeune, à cinquante ans. Et puis, à l’époque, il semblait naturel à certains de combattre certaines idées. Il aura l’occasion physique de le faire plus tard.

1936 c’est l’année de sa rencontre avec Adelaide Piper Oates, née à New York en 1920. Elle traverse l’Atlantique à seize ans pour étudier les beaux-arts à l’Académie Julian. Elle repère ce beau jeune homme et accepte une première invitation à déjeuner. Ce qui a été déterminant dans leur entente est l’extrême lenteur avec laquelle ils déjeunaient. Enfin, c’est ce qu’ils aimaient à raconter. Elle habitait rue de Vaugirard, chez Mademoiselle Dercourt, je crois, qui lui a appris le français qu’elle parle toujours parfaitement.
Le service militaire puis la guerre va les séparer. Cinq ans. Adelaide travaille au MoMA de New york de novembre 1940 à novembre 1942 puis au State Department, Office of War Information, 57th St New York jusqu’en mai 1943. Elle décide alors de retourner en Europe pour être plus près de Guy. Courageuse ou inconsciente ? Peut-être tout simplement amoureuse. Elle se rend à Lisbonne, pays neutre ayant une liaison aérienne régulière avec l’Angleterre.
Elle doit prendre le vol Lisbonne Bristol le 2 juin 1943. Le 1er juin 1943, ce même vol est abattu par l’aviation allemande dans le Golfe de Gascogne. Aucun survivant. Parmi les victimes, l’acteur anglais Leslie Howard.

Elle décide malgré tout de prendre le vol suivant, le lendemain. Un autre point commun qu’ils avaient tous les deux est cette absence de peur, toujours.

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