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Michael de Montlaur
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Le 2 avril 2015 à 17 h 41 min   

Voici une lettre écrite par Guy de Montlaur un peu plus de deux semaines après le débarquement à Flessingue, le 19 novembre 1944.

Here is a letter written about two weeks after landing in Vlisssingen on November the 19th, 1944.

19 11 44 1

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19/11/44

My dear Tiddlywinx,

I must tell you first I’ve been in a very bad mood for the past few days and that I’m not still very brilliant. So you will excuse me if you find my letter boring and pale.
I don’t have any particular trouble of my own. I just feel fed up and think the war is more boring then ever. As I said before, the only thing to do in the army is to fight, there is no fun unless you play with Germans. Or, I wish I had a « planque » somewhere and live with you, instead of living by myself like a dope. Though, I should be more cheerful: this morning I read a 3 day old paper and saw the news were pretty good. Isn’t it good that 9th American army in Aachen ? It sounds silly to say: I wish it’s all over in a short time and Germany collapses at once, because many people on the world, but the dopey Germans, have the same thought. But what on earth to be wished for the immediate future?
I forgot to tell you I had received « Voici » and « Transatlantic ». I found the latter quite interesting and well edited. I think the article on Roosevelt is very ???? – and the one on the American press taught me many things I didn’t know. I didn’t have time up to now to read « Voici », being a Troop leader (!) until tomorrow night. I hope I’ll have some time to do it anyway though I think I’m going to be pretty busy shortly
Isn’t it funny: I got a letter from you telling me about the Consulat de France and my photo in the Daily Sketch (I must make sure whether it is the Daily Sketch or any other paper) just the day after I sent you a letter about the same two things. This morning I received the letter you wrote me on your way to London, and the previous one.
By now, I can imagine you « frisée comme un mouton » – and with glittering finger nails. How is Adolphe or Hippolyte or whatever your hairdresser’s name is ? and how is the Queen and the royal family ?
It’s funny, you see, I don’t feel a clever man now (by no means) but my mood is less bad, since I’m writing you. I’m afraid the strain of reading my literature (you reading it, I mean) is going to pay for my good temper.
Sibyllam darling I love you so much and I’m so sorry I can’t do anything for you now. I’m afraid you would get fed up and bored. It is not very gay the sort of life you have now. I’m glad you get along well with Mrs Unwin: I’m sure she is very charming – and I’d like to meet her. I hope the nurse will be able to come to Seaford for Christmas, because I’m sure I won’t be home by the time. Have you received any letters from your family? It was very good of you to write mother: she will be delighted.
I ordered some photos which have been taken on the 6th of June and the following days. I don’t know when we’ll get them.
My darling Tiddlywinx, kiss Winxam for me. I hope she is a good little girl.
I love you
Guy

DailySketchGdM

Photo en une du Daily Sketch du 8 novembre 1944

Ma chère Tiddlywinx,

Je dois d’abord te dire que j’ai été de très mauvaise humeur ces derniers jours et que ça ne s’est guère amélioré. Alors pardonne moi si tu trouves que ma lettre est ennuyeuse et insignifiante. Je n’ai pour ma part pas de problème particulier. J’en ai juste un peu assez et je pense que la guerre est plus ennuyeuse que jamais. Comme je l’ai déjà dit, la seule chose à faire dans l’armée est de se battre, rien n’est amusant si ce n’est de jouer avec les allemands. Sinon, j’aimerais bien avoir une « planque » quelque part où je pourrais vivre avec toi, au lieu de vivre tout seul comme une andouille. Je serais alors peut être plus joyeux. Ce matin j’ai lu le journal d’il y a 3 jours et j’ai vu que les nouvelles étaient plutôt bonnes. C’est plutôt bien que la 9ème armée américaine soit à Aix la Chapelle, non ? Ça parait bête à dire mais j’espère que tout cela finisse au plus vite et que l’Allemagne s’effondre d’un seul coup, parce que beaucoup de peuples sur toute la terre, excepté ces idiots d’allemands, doivent penser la même chose. Mais que diable faut-il espérer dans un futur proche ?
J’ai oublié de te dire que j’ai reçu « Voici » et « Transatlantic ». J’ai trouvé ce dernier assez intéressant et bien rédigé. Je trouve que l’article sur Roosevelt est très ???? et celui sur la presse américaine m’a appris beaucoup de choses que je ne savais pas. Je n’ai pas eu le temps jusqu’ici de lire « Voici », maintenant que je suis Chef de Troupe (!) jusqu’à demain soir. J’espère quand même que j’aurai le temps de le lire mais je pense que je risque d’être bientôt assez occupé.

C’est bizarre, j’ai reçu ta lettre à propos du Consulat de France et de ma photo en une du Daily Sketch (je dois vérifier si c’est bien le Daily Sketch ou pas) le lendemain du jour où je t’ai envoyé ma lettre sur les deux mêmes sujets. Ce matin j’ai reçu la lettre que tu m’as écrite en allant à Londres, et celle d’avant.
En ce moment, je t’imagine « frisée comme un mouton » – avec des ongles scintillants. Comment va Adolphe ou Hippolyte, ton coiffeur comment s’appelle-t-il déjà ? Et comment va la Reine et la famille royale ?
C’est drôle, tu vois, je ne me sens pas spécialement malin en ce moment, mais maintenant que je t’écris, mon humeur est moins maussade. J’ai peur que l’effort pour lire ma littérature (je veux dire toi, la lisant) sera la rançon de ma bonne humeur.
Sibylle chérie je t’aime tellement et je suis si triste de ne rien pouvoir faire pour toi maintenant. J’ai peur que tu en ais assez et que tu t’ennuies. Ce n’est pas très gai la vie que tu mènes en ce moment. Je suis content que tu t’entendes bien avec Mrs Unwin. Je suis sûr qu’elle est charmante et j’aimerai bien la rencontrer. J’espère que la nurse pourra venir à Seaford pour Noël, parce que je suis sûr que je ne serai toujours pas rentré à la maison. As-tu reçu des lettres de ta famille ? C’était bien que tu écrives à Maman, elle sera ravie.
J’ai commandé des photos prises le 6 juin et les jours suivants. Je ne sais pas quand on les recevra.
Ma chérie Tiddlywinx, embrasse Winxam pour moi. J’espère qu’elle est une gentille petite fille.
Je t’aime
Guy

 

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Michael de Montlaur
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Le 1 avril 2015 à 13 h 51 min   

Voici une lettre que Guy de Montlaur écrit à sa belle sœur Alexandra Outram le 15 octobre 1944, deux semaines avant le débarquement en Hollande avec le N° 4 Commando.

A letter from Guy de Montlaur to Alexandra Outram, his sister in law, written on October 15th 1944, two weeks before landing in Holland with N° 4 Commando.

 

GdeM 44 10 2

GdeM 44 10 3

GdeM 44 10 1

 

15 octobre 1944

Chère Alex,

Cela fait longtemps que je voulais t’écrire. Si je ne l’ai pas fait jusqu’ici, ce n’est pas par paresse ou que je ne pense jamais à vous deux : j’étais vraiment pas mal occupé.
Mais maintenant que j’ai un peu de temps devant moi, je peux enfin te dire à quel point je vous suis reconnaissant pour ce que vous avez fait pour Sob*. Et ça ne m’ennuie pas du tout, tu peux me croire.
Inutile de te dire à quel point j’aurais été inquiet en juin et juillet dernier si je n’avais su que vous vous occupiez de Sob, si elle avait été « abandonnée sur une île déserte ». Quand je suis revenu en permission en septembre, tu faisais les tâches les plus assommantes de la façon la plus joyeuse possible. Et quelles tâches, mon Dieu ! J’en ai eu un aperçu quand tu es partie. Je me demande ce qu’aurait fait Sob sans toi.
Je crois que je ne peux pas assez te remercier pour tout ça.
Je suis désolé de n’avoir pas pu voir Eric pendant cette permission. J’espère qu’on aura l’occasion de se voir, pas en permission mais dans la vraie vie, la vie humaine. Et pas dans cette espèce de misérable demi-vie qu’on a dans l’armée.
Je ne m’amuse pas beaucoup en ce moment. J’espère que ça reviendra un jour : il n’y aucune raison de s’amuser dans l’armée, à moins d’inviter quelques allemands pour jouer avec vous.

Mes meilleurs vœux à toi et à Eric.

Guy

Lieutenant Guy de Montlaur
6 Troop
N° 4 Commando
B.L.A. (British Liberation Army)

* Sob est le surnom que donnait sa famille à Adelaide
Eric est le mari d’Alexandra dont le surnom est Cully
La troisième sœur est Elizabeth (Bizzy)

The 3 Oates Sisters

Sob, Cully and Bizzy

 

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Michael de Montlaur
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Le 13 mars 2014 à 18 h 49 min   

Guy de Montlaur - Ridgefield, Connecticut 1947

Sa mère avait écrit au dos :
« Les braves cachent leurs actes comme les honnêtes gens leurs aumônes : ils les déguisent ou s’en excusent » (Quinton)

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Michael de Montlaur
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Le 21 janvier 2014 à 12 h 23 min   

Faut-il garder les peintures de Guy de Montlaur ou les faire connaître ?

Les garder pour qu’il y en ait toujours accrochées à nos murs, nous protégeant du vide. Le vide laissé par GdM qu’on avait pris l’habitude de voir produire, peindre encore et encore. A chaque nouvelle œuvre, comme un accouchement, par le siège évidemment, jamais simple. Et une première impression négative : c’est moche un nouveau-né. Parce que c’est nouveau et toujours différent de la peinture précédente. Il nous fallait du temps pour goûter à petites doses d’abord, c’était acide, parfois violent, puis, au cours du temps, en s’approchant, en vivant avec, en étant sous l’emprise, influencé, endoctriné, drogué, mais libre finalement, une émotion. Souvent un rejet, lié au rejet du père, évidemment, mais ensuite un amour infini. Quarante ans après, en feuilletant les toiles dans le grenier où elles attendent, l’impression n’est plus la même. Sauf si on les sort, comme au premier jour, dehors, au soleil : il faudrait une éternité pour les contempler toutes. Mais une seule, prise au hasard, peut faire revivre l’émotion de la première fois, fugace, terrible, magnifique.

Sans titre - Années 50 - Nice

Alors on a essayé de faire partager ce que les mots peuvent à peine dire. Avec réussite concernant le premier cercle, famille, amis. Et ce n’était pas gagné. Les plus belles surprises sont venues de ceux et celles que l’on croyait complètement hermétiques à cette peinture. Le temps à patiné le rejet initial. Comme le vin qu’on déteste la première fois et qu’on déguste l’âge aidant pourvu qu’il soit bon. Cette reconnaissance des proches qui n’ont pas connu la genèse nous conforte dans nos sentiments. Mais cela ne nous suffit pas et nous voulons l’élargir.

Là commencent les problèmes : expositions, ventes, catalogue, stockage, partage, dispersion, dégradation, restauration, encadrement, base de données, fiches, textes, biographies,… j’en oublie. Faut-il tout faire à la fois ? Faut-il faire un fonds ? Faut-il partager puis que chacun décide à sa façon ? Faut-il sous-traiter ? Faut-il faire un don à un musée, à une fondation ? Faut-il ne rien faire ?

« Les endroits les plus brûlants de l’enfer sont réservés à ceux qui restent neutres… » (Dante Alighieri ma citation favorite)

En plus de tout ce qu’on a à faire dans la vie normale, ne pas oublier de hurler, de s’indigner, de critiquer, de s’engueuler, mais aussi de s’apaiser, de proposer, de construire, de commencer, de changer, de poursuivre, et d’essayer tout le reste qui mûrit dans la tête. La concertation nécessaire sera probablement bancale et les décisions forcément imparfaites. L’erreur est préférable à l’inaction.

Nu 1936

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Michael de Montlaur
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Le 11 novembre 2013 à 18 h 16 min   

Aujourd’hui 11 novembre 2013, beaucoup de confusion. Les néo-nazis et vieux fachos conspuent le président de la République avec un ridicule bonnet rouge sur la tête. Ne pas confondre avec le bonnet phrygien, symbole de la République que les pré-cités abhorrent. Comme toujours ils s’approprient de purs symboles les uns par pure bêtise,  les autres pour mieux le détruire et détruire la République.

Je me souviens… Dans les années 60 et 70, j’ai commencé à être anti-militariste. Né après guerre, en 1952 pour être précis, j’avais 16 ans en 68 et j’ai rencontré beaucoup de gens qui en avaient soupé de ces commémorations et défilés d’anciens combattants de 14-18, « la vraie » comme on disait à l’époque et celle de 39-45 (la fausse ?). J’étais, je pensais, en opposition totale avec Guy de Montlaur ; comment pouvait-il en être autrement à 16 ans. Il me le rendait bien en se moquent gentiment de notre petite révolution.

Mais lui-même, finalement, ne l’était-il pas aussi, anti-militariste ? Certes, dans le feu de l’action il a aimé être au combat. Mais la hiérarchie, qu’en pensait-il ? Le 6 juin 1944 quand il a fallu remplacer Guy Vourc’h blessé sur la plage, il s’est vite aperçu que le plus gradé désigné n’était pas à la hauteur. Il a décidé de prendre les choses en main. Avec l’efficacité dont ses camarades ont pu témoigner. Ah oui, mais ils sont morts maintenant. Tant pis il faut maintenant me croire, il me l’a dit et il ne mentait pas. Il faut donc savoir parfois piétiner la hiérarchie.

Et se méfier des commémorations, défilés, médailles et tutti quanti. L’important pour lui, et je le répète encore une fois sur ce blog, c’était de virer les nazis. Mais commémorer quand même pour éviter la désinformation, voire le révisionnisme. Quand un membre du front national se prosterne devant la tombe de De Gaulle, l’esprit du grand homme doit un tantinet pester et avoir envie de vomir…

En souvenir de l'Allemagne européenne - septembre 1971

 

Et 14-18 alors ? Le père de mon père, comme quasiment tous les français en âge d’être mobilisés, l’a faite. Personne n’avait le choix. Il en est sorti, disons, diminué… Notamment par le gaz moutarde. Une septicémie l’a emporté en 1929 à l’âge de 50 ans. Toutes les familles françaises ont eu des morts dans cette sale guerre. Les combattants doivent être honorés. C’est bizarre de commémorer le début d’une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu mais au moins on parle des sacrifiés…

Faut-il pour autant condamner les déserteurs de 14-18 ? N’en fallait-il pas du courage pour refuser de tuer des êtres humains ?

Pour la deuxième guerre mondiale on peut aussi reprendre la citation de l’enfer de Dante : les endroits les plus brûlants de l’enfer sont réservés à ceux qui restent neutres aux époques de crise morale. Et condamner par là même une très grande partie de la population française.

Cette même citation peut aussi suggérer un point de vue opposé quand il s’agit de la guerre du Vietnam :

« J’ai choisi de prêcher sur la guerre du Vietnam parce que je pense, comme Dante, que les endroits les plus brûlants de l’enfer sont réservés à ceux qui restent neutres aux époques de crise morale. Il y a un moment où le silence devient trahison. La vérité de ces paroles ne fait pas de doute mais la mission à laquelle elles nous appellent est des plus difficiles. Même quand ils sont poussés par les exigences de la vérité intérieure, les hommes n’assument pas facilement la tâche de s’opposer à la politique de leur gouvernement, surtout en temps de guerre. Et l’esprit humain a énormément de peine à secouer toute l’apathie de sa pensée conformiste et de celle du monde qui l’entoure. De plus, quand les questions sont aussi compliquées que celles de cet effroyable conflit, nous sommes toujours sur le point de nous laisser hypnotiser par l’incertitude. Mais nous devons avancer. » Martin Luther King: «Pourquoi je suis opposé à la guerre du Vietnam» Sermon prononcé le 30 avril 1967 dans l’église baptiste Ebenezer d’Atlanta (Géorgie).

En souvenir de Sandro qui a essaye de m'apprendre la peinture

Alors, contradictions ? Oui. On ne peut pas avoir une vision manichéenne des situations politiques dans lesquelles nous nous trouvons au cours de notre vie. Par exemple, j’ai hurlé contre De Gaulle en 68, comme tout le monde. Entre autre pour que le système éducatif soit moins sclérosé puisque j’étais lycéen. Ça ne m’empêche pas d’avoir une grande admiration pour le symbole de liberté et de résistance qu’il représente.

Confusion ? Non. Que ceux qui manipulent l’histoire soient combattus. Avec des mots, de préférence.

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Michael de Montlaur
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Le 6 juin 2013 à 14 h 49 min   

Parfois, j’éprouve un peu de lassitude sur ce que je fais sur ce blog, je me demande à quoi ça sert, j’ai l’impression d’apporter une toute petite miette dans un océan infini.

Pourquoi parler du passé, des vieilles histoires, des anciens combattants, des batailles du siècle dernier ?

Et puis je me suis souvenu d’une peinture qui s’appelle :

 

Soyons raisonnable - 1964

Soyons raisonnable. Il y a bien sûr de l’ironie dans ce titre, surtout quand on aperçoit la croix gammée. Le message est clair : écraser la vermine nazie est tout juste raisonnable, vous verrez quand je serai vraiment en colère.

Alors oui, je continuerai à raconter l’histoire de ce peintre pas commode qui aimait se battre et dont le combat était juste.

Surtout que…

Vingt ans après, en 1964, et aujourd’hui, 69 ans après, et cette nuit, un jeune étudiant assassiné par quelques nazillons.

Eh ! Les gens ! On se réveille ? On crie, on hurle, on se bat ? Ou on reste raisonnable, comme 95% des français en 1940 ?

 

6 of June, for ever

Sometime I am tired and I think it is useless to write all these old stories on this blog. I am talking to the wind, the veterans are nearly all dead and the XXth century battles are obsolete.

And I remembered a painting named :

 

Soyons raisonnable - 1964

 

 

Let’s be reasonable. Of course there is a certain amount of irony in this title, especially when you see the swastika. The message is evident : the eradication of the Nazi vermin is only reasonable, just wait until I get really angry.

So, OK,  I will go on telling the story of this painter, not often easy, who loved fighting fair battles.

Especially today…

This painting realised twenty years after, in 1964, today 69 years after and this night, in Paris, a young student beaten to death by a few young nazi who think they are funny.

Hey ! People ! Wake up ! Let’s shout let’s yell let’s fight ! Otherwise the risk is to stay reasonable, like 95% of the french people did in 1940.

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Michael de Montlaur
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Le 22 mai 2013 à 9 h 39 min   

Mercredi 29 mai à partir de 14h 15.
à l’hôtel Drouot
Drouot Richelieu – Salle 4 9 Rue Drouot – 75009 Paris
2 peintures de Guy de Montlaur sont mises en vente, les lots 136 et 137.

 

COMPOSITION, 1950 Huile sur toile, signée bas à droite, signée, datée et située Nice au dos 100 x 65 cm

Et

 

COMPOSITION, 1950 Huile sur toile, signée en bas à gauche, signée, datée et située Nice au dos 100 x 65 cm

Enchérissez en direct sur www.drouotlive.com

 

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Michael de Montlaur
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Le 23 avril 2013 à 9 h 52 min   

During the 1964 summer vacations, we went with our parents to Riva Bella (the beach where my father landed with Commando no. 4 on June 6, 1944). It was my first time there, I was only 12 and I think the “summer camp” was still there (the point where the French commandos met after crossing the beach). There were people on vacation on this beach, and I remember these simple but terrible  words from my father:  » How can people bathe on this beach? »

For him, this was just as absurd as organizing a summer camp in Auschwitz.

Below are several photos taken on June 6, 1944 with comments from Guy de Montlaur (click on picture):

Riva Bella 6 of June1944

(photo 1 : Riva Bella « casino »
photo 2 & 3 : some of the « casino » bunkers
photo 4 : The Benouville Bridge (now Pegasus Bridge) over the Orne Canal)

This is no myth, this is a historical fact.

Here is one consequence of this fact:

Guy de Montlaur, November 1st, 1944

Guy de Montlaur did not die on June 6, 1944. Ten of his French comrades and seven hundred soldiers fell on « Sword » Beach. The latter were British, Canadian, Polish and European anti-nazis. Guy de Montlaur lived to be a tormented witness of what was no myth…

… as you can see in the photo above and in the picture below:

Head of an illustrious dead man who had lost his sense of humour - March 1969

 

 

Although I am neither dead nor illustrious, I also have lost my sense of humor:

Six tourist offices from the Bayeux-Bessin area have recently taken a particularly perverse initiative:

They first talked of a « mythical sector of the landing beaches » as if the landings were a legend and had never taken place. Then they excluded from this « sector » part of Juno Beach and all of Sword Beach. Did they really want us to beg them to join the myth? What did they think? Do they have any brain?

These beaches belong to no one but to those who fell to allow us, the following generations of the XXth and XXIst century, to live freely.

I am proud I encountered some of these men. They were all deeply affected by what they had seen, achieved and underwent. Some never managed or even wanted to tell anything. Their pain was too excruciating. Sometimes they met, mostly on June 6 anniversaries. Not to parade or show off, but just to look at each others. Just to know the complete significance of this look.

Please do not foul their sanctuary.

 

Sign the petition for the suppression of the mythical sectors of the landing beaches

http://www.change.org/petitions/suppression-du-secteur-mythique-des-plages-du-d%C3%A9barquement#share

 

 

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